PE-AROME · Météo-France · maille 0,025° · 51 h
Épisodes neigeux — ensemble AROME
La prévision d'ensemble AROME tourne à la maille du relief, sur deux jours. Météo-France
n'en publie pas les membres un à un : elle en publie directement le résultat, sous forme
de probabilités de dépassement de seuil. « 60 % de chances de dépasser 1 mm de
précipitations solides dans l'heure » remplace ici les vingt spaghettis de la page
ICON-D2 — c'est la même information, servie déjà réduite.
Probabilité de neige —
Les courbes sont emboîtées par construction : dépasser 5 mm, c'est
dépasser 1 mm, donc la courbe d'un seuil élevé ne peut jamais passer au-dessus de celle
d'un seuil plus bas. L'écart entre deux courbes se lit directement — c'est la part de
l'ensemble qui tombe entre les deux seuils.
Pourquoi des probabilités, et pas des membres ?
Prévoir demande de connaître l’état de l’atmosphère aujourd’hui. On ne le connaît
jamais exactement : les observations sont trop peu nombreuses, entachées d’erreurs, et
l’analyse qui en est tirée reste une estimation. L’atmosphère étant chaotique, un écart
minuscule au départ devient un écart majeur au bout de quelques jours — d’où l’idée de
l’ensemble : plutôt qu’une prévision, on en lance plusieurs, à partir d’états initiaux
légèrement différents.
Ce que Météo-France publie ici, ce sont les membres déjà comptés. Pour chaque
point de grille, chaque échéance et chaque seuil, le portail donne la part des membres
qui dépassent ce seuil. Les trajectoires individuelles, elles, ne sortent pas de
l’API : impossible donc de tracer un faisceau, de suivre un membre de contrôle, ou de
dessiner une boîte à moustaches comme sur la page
Ensemble D2.
Ce n’est pas une perte sèche. Un faisceau de vingt courbes demande d’être compté à
l’œil ; « 70 % au-dessus de 1 mm » est une phrase sur laquelle on peut décider. En
revanche, deux choses deviennent invisibles : de combien ça dépasse — un
ensemble qui donne tous ses membres à 5,1 mm et un autre qui les étale de 5 à 40 mm
affichent la même probabilité de dépasser 5 mm — et la cohérence temporelle :
on ne sait pas si les membres qui font neiger à 3 h sont les mêmes que ceux qui font
neiger à 9 h.
Le calcul est fait « par voisinage » : la probabilité en un point tient
compte des mailles alentour, pas seulement de celle du clocher. C’est ce qui la rend
utilisable en montagne, où décaler une averse d’une maille n’a pas de sens physique —
mais cela lisse aussi les contrastes de versant.
Probabilité de pluie —
Solide et liquide sont deux champs séparés du modèle, pas deux moitiés
d'un total : leurs probabilités n'ont pas à faire 100 %. Les voir monter ensemble sur la
même heure est le cas normal d'une limite pluie/neige qui traverse la commune — c'est
alors le graphique des isothermes, plus bas, qui tranche.
Probabilité de rafales —
Un épisode neigeux venté ne dépose pas la neige là où elle tombe : c'est
le transport qui fait les congères et les plaques. Les seuils sont ceux du portail, en
nœuds ; l'équivalent en kilomètres par heure est rappelé dans la légende.
Ce graphique ne vient pas de l'ensemble. PE-AROME ne publie aucune altitude
d'isotherme — ni en membres, ni en probabilité. Les quatre courbes ci-dessous sont lues
sur le run — d'AROME déterministe (grille 0,025°,
public-api.meteofrance.fr/public/arome/1.0), c'est-à-dire une trajectoire
unique et sans incertitude affichée. Toutes les autres courbes de cette page viennent de
/public/pearome/1.0.
Couche de fusion — altitudes d'isothermes —
T′w 1,5 °C — limite pluie/neige
T′w 1 °C
T′w 0 °C
iso 0 °C, température sèche
couche de fusion
altitude de la commune
—
Pourquoi le thermomètre mouillé, et pourquoi quatre courbes ?
La neige ne fond pas à 0 °C au thermomètre ordinaire. Un flocon qui traverse de l’air
non saturé s’évapore en partie, et cette évaporation refroidit l’air autour de lui :
il peut donc atteindre le sol intact par 3 °C de température sèche, si l’air est
suffisamment sec. La grandeur qui décrit cet équilibre est le thermomètre mouillé
(T′w), et c’est sous ~1,5 °C de T′w que la précipitation arrive en neige.
- T′w 1,5 °C — la limite pluie/neige au sens usuel, et la plus basse des
trois : au-dessus de cette altitude il neige, en dessous il pleut.
- T′w 1 °C et T′w 0 °C — le haut de la couche de fusion. L’air se
refroidissant avec l’altitude, l’isotherme 0 °C est au-dessus de
l’isotherme 1,5 °C : le flocon qui descend croise d’abord le premier, puis le
second. Au-dessus du T′w 0 °C la neige est sèche ; entre les deux elle est
mouillée, lourde et tient mal ; sous le T′w 1,5 °C, c’est de la pluie.
- Iso 0 °C sec — la même altitude mesurée au thermomètre ordinaire. Elle est
toujours au-dessus des isothermes T′w, et l’écart mesure la sécheresse de
l’air : quelques dizaines de mètres par air saturé, plusieurs centaines par air
sec. C’est cet écart qui explique les épisodes où il neige bien plus bas que ne le
laissait croire la température.
Une couche de fusion mince — les trois courbes T′w serrées — annonce une limite
pluie/neige franche, qui se voit à l’œil sur le versant. Une couche épaisse
annonce au contraire plusieurs centaines de mètres de neige lourde et de pluie
verglaçante possible, sans transition nette.
Lecture des données collectées…